Les funérailles environnementales et écolo en plein développement

Algernon Labbé | Ecologie

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Un cimetière sous forme de jardin miniature au cœur d’un espace paysager ; une idée saugrenue mais qui prend de plus en plus d’ampleur, les gens étant de plus en plus sensibilisés à l’écologie. Or, les funérailles sont un processus hélas très polluant et peu compatible avec l’écologie. Alors comment organiser des « funérailles environnementales » ?

Cimetière écolo, un jardin miniature suffit

L’idée d’être enterré dans un jardin miniature plutôt qu’un cimetière classique peut donner davantage l’envie aux proches restants de rendre visite aux défunts, et pourquoi pas de pique-niquer sur ce lieu.

Ainsi, à Niort, un cimetière naturel a été installé dans une ancienne carrière aujourd’hui boisée dans laquelle repose une vingtaine de défunts. Ici, tout ou presque est naturel : on ne laisse pas le plastique sur les fleurs par exemple. Le lieu est conçu pour un repos éternel écolo : pas de fleurs artificielles, zéro pesticide, aucun monument funéraire envahissant et surtout pas de caveau bétonné.

>>> Lire l'article du parisien sur le concept des funérailles écolo, ici

Amanda Clot, conservatrice des cimetières de Niort, indique : «Avec  ce cimetière, on est dans une dynamique de développement durable, de retour à la terre et l’idée c’est aussi de laisser le moins d’empreinte carbone et pollution. Lorsque le cercueil va être inhumé dans la fosse, les collègues vont donc remettre par-dessus de la terre. Le cercueil sera vraiment en contact avec la terre » 

Des compromis pour des funérailles vertes

Pour obtenir une concession, il faut accepter des compromis : limiter les soins de conservation de corps du défunt, opter pour un cercueil sans colle ni vernis toxique. En effet, les produits chimiques polluent les sols et entravent la décomposition des corps. Pour les 35% de français qui préfèrent être incinérés, verdir ses funérailles c’est aussi possible.

Il existe en effet, comme le rappelle Yves Alphé sur cet article, un cercueil en carton biodégradable destiné à la crémation. Pour ce faire est utilisé principalement du papier recyclé, de la fibre naturelle et de l’amidon de maïs et de pomme de terre. Il n’y a aucun produit toxique de biocide pour la fabrication du cercueil en carton. Ceux-ci sont fabriqués dans une usine en Alsace. En France, quelques sociétés de pompes funèbres se sont spécialisées sur ce créneau.

Si de prime abord, les cercueils en carton ne semblent pas très solides, sachez qu’ils supportent plus de 250 kilos ! Pour ceux que l’aspect « boîte à chaussures » pourrait rebuter, on peut personnaliser son modèle, emporter avec soi l’image de sa vie.

Les prix peuvent être un argument pour les familles au budget serré : de 300 à 720 € pour un modèle en carton. En comparaison, un cercueil en bois se vend en moyenne entre 400 et 3000€. Cimetières naturels ou cercueils en carton, ces alternatives vertes ont encore du mal à convaincre les professionnels du secteur funéraire.

Au-delà de nos frontières, d’autres ont pourtant une bonne longueur d’avance sur la question. Par exemple, en Allemagne il existe des forêts où l’on peut légalement enterrer les cendres du défunt, indique Yves Alphé. En Suède, pour ceux qui le souhaitent, la dépouille est congelée puis réduite en poudre. Dans les pays anglo-saxons, on peut dissoudre le corps dans une solution alcaline. Et en Italie, certains imaginent même un projet de cocon enveloppant le corps avant d’être enfoui, sorte d’humus naturel.

Autant de façons qui permettent de quitter notre planète en laissant une empreinte la plus discrète possible excepté dans le cœur de nos proches.