La COP 21, les enjeux mondiaux pour le climat d'ici 2020

Algernon Labbé | Changement climatique

climat-300x198.jpg
  
  

I-Comprendre la COP 21

La conférence des parties qui discute des problèmes du réchauffement climatique a lieu tous les ans. La dernière en date est la COP 21 qui vient de se déroulée à Paris, du 30 novembre au 11 décembre 2015. L’objectif à partir de 2016, et en continuité aux conférences précédentes, est de limiter ce réchauffement à 2°C, grâce à des attitudes responsables venant des quelques 195 pays qui s’y sont réunis à Paris. Qualifiée d’Historique, la COP 21 a été gratifiée, cette fois, par la présence et les engagements environnementaux et climatiques des deux plus grands pollueurs de la planète, les USA et la Chine.

1-Les enjeux mondiaux pour le climat

Selon les sondages faits en Europe, le climat est le problème environnemental le plus sérieux qui mérite la plus grande attention après la pauvreté. Fonte des banquises, disparition de certaines espèces, montée du niveau de la mer, divers catastrophes naturels… sont les conséquences du réchauffement climatique. Selon une étude américaine, une hausse de la température des océans de 1° C peut entrainer une augmentation de 31% de la fréquence des cyclones les plus puissants.

Selon le rapport de l’étude du Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ou le GIEC, la température sur la terre pourrait connaitre une hausse de 0,3 à 4,8°C d’ici 2100 à cause de la pollution humaine.

Ce phénomène peut également engendrer des impacts au niveau économique. Entre autres, les catastrophes naturelles engendrent des pertes humaines et matérielles graves suivant leurs intensités. En 2011, 30 000 victimes de catastrophes naturelles liées au problème climatique (inondation, tremblement de terre, ouragans…) ont été recensées. Le coût des dégâts matériels et environnementaux est estimé à environ 350 milliards de dollars chaque année.

Cette 21ème conférence est placée sous le thème de l’ « alliance de Paris pour le climat ». Elle comporte quatre enjeux afin d’atteindre cet objectif à long terme, soit de maintenir à 2°C cette hausse de la température :

-Une discussion en vue d’établir un accord à l’image de la conférence de Durban sur les changements climatiques et ses dangers pour la santé en 2011. Cette discussion a aboutit à la mise en place des règles et des mécanismes employés afin d’atteindre l’objectif principal.

-Une présentation des situations et des efforts déjà effectués dans chaque pays avant la COP 21. Cette étape est essentielle pour assurer de la continuité de la lutte pour protéger le climat.

-Une étude sur l’octroie d’une aide financière pour les pays en voie de développement. Cette aide est un soutien financier pour une transition vers des activités et une mode de produire qui génèrent moins de pollution.

-Un soutien pour les organismes et associations non gouvernementales réunis au sein de la société civile.

Ces enjeux sont flexibles, car ils tiennent compte des besoins et des situations économiques. L’application de cet accord est prévue pour 2020, il est question de réduire l’émission des gaz à effet de serre et de renforcer la capacité de chaque pays à faire face aux effets du changement climatique.

2-Historique de la COP 21

La première rencontre internationale sur les problèmes de l’environnement a eu lieu en Suède lors de la conférence de Stockholm en 1972. Le PNUE ou le Programme des Nations Unis pour l’Environnement est né de cette rencontre. Le problème de l’environnement est désormais un thème majeur débattu sur le plan international.

La première conférence des parties appelée également COP a débuté en 1995 à Berlin en Allemagne. Cette conférence est à l’image du sommet de la Terre organisé à Rio en 1992, qui a rassemblé 178 pays et qui a abouti à la signature de la Déclaration de Rio de Janeiro. C’est lors de ce sommet de Rio qu’est apparu le concept du « développement durable ».

Dorénavant, l’Organisation des Nations Unis tiendra une conférence annuelle qui réunira plusieurs pays dans le monde, afin de discuter des problèmes du climat. Cette conférence a lieu à chaque fois dans une ville différente, pour motiver l’implication de tous les pays.

Les villes ayant déjà reçu la conférence :

-L’Europe : Berlin, Genève, Bonn, La Hague, Milan, Poznań, Copenhague, Varsovie, Paris.
-Le contient asiatique : Bali, Kyoto, New Dehli.
-L’Amérique latine : Buenos Aires, Cancun, Lima.
-L’Afrique : Marrakech, Nairobi, Durban.
-Doha au Qatar pour la COP18 et à Montréal pour la COP 11.

Avec la COP 21 de Paris, c’est la dixième fois que la conférence des parties est organisée en Europe. L’Allemagne détient le palmarès avec trois conférences : la ville de Berlin pour la COP 1, et Bonn pour la COP5 et la COP6. Deux conférences ont eu lieu en Argentine : la COP 4 et la COP 10.

La COP 21 est un prolongement des objectifs du protocole de Kyoto qui est de réduire de 5,2 % l’émission de gaz à effet de serre et de CO2 dans plus d’une centaine de pays. Ce protocole fut un échec quand les deux pays les plus pollueurs de la planète à savoir les Etats-Unis et la Chine se sont retirés de l’accord en refusant de signé le traité. Le Canada les a rejoints en 2011.

La suite de la COP 21 est la COP 22 qui se tiendra en 2016 dans la ville de Marrakech au Maroc.

II-La politique éco-responsable diffusée par la COP 21

Le problème du réchauffement climatique est planétaire et sa résolution nécessite la participation et l’effort de tous les pays du monde. La réussite de la conférence dépend de la signature des traités et de l’engagement pris par les gouvernements de chaque pays. La faisabilité de cet engagement et sa mise en pratique relèvent d’une attitude responsable de chaque citoyen.

1-Place des Nations Unies

Depuis quelques décennies, les principaux problèmes mis en exergue lors des assemblées générales de l’ONU sont la pauvreté et le changement climatique.

Afin d’éradiquer la pauvreté, l’ONU a mis en place une feuille de route qui retrace les objectifs du Millénaire pour le développement ou OMD. Cette initiative a débuté en l’an 2000 et s’étend sur 15 années. Le bilan de l’OMD est positif dans la lutte contre la faim et la sous- alimentation. Le nombre des enfants non scolarisés et le taux de pauvreté extrême ont réduit de moitié. Le nombre des personnes vivant avec moins de 1,25 dollars par jour est réduit de 50 % en 2010.

Malgré ces progrès, on remarque encore la persistance de l’inégalité. Pour y remédier et afin de répondre aux impératifs des problèmes climatiques, de nouveaux objectifs ont été mis en place : les Objectifs du Développement Durable ou ODD. 193 pays se sont engagés pour finaliser ce document qui est entré en vigueur le 1 er janvier 2016.

L a réalisation des ODD s’étend sur 15 années et vise à assurer le futur des 8,5 milliards d’habitants prévus. Les dimensions du développement durable concernent la lutte contre les problèmes sociaux tels que : la faim, la pauvreté, l’éducation, la santé, l’accès à l’eau… mais également la préservation de la bonne gestion de la biodiversité terrestre et marine, un défit également pour l'économie verte et équitable. L’urgence de la prise de mesures pour lutter contre le changement climatique fait partie des 17 ODD.

Le traité international qui a pour objectif d’organiser les efforts de chaque pays pour lutter contre le réchauffement climatique est la Convention-Cadre des Nations-Unis sur les Changements Climatiques ou la CCNUCC. Le rôle de cette organe est de contraindre les pays qui se sont engager à :

-Donner ces informations sur leurs taux d’émission de gaz à effet de serre.
-La mise en œuvre de stratégies pour réduire l’émission des gaz nocifs responsable du réchauffement climatique.
-La prise des mesures adéquates afin de prévenir la population sur les impacts du réchauffement climatique.
-Soutenir financièrement les pays en développement dans le processus d’adaptation à l’économie verte.

2-La mise en place d’une économie circulaire

Le développement durable repose beaucoup sur l’exploitation propre à long terme des ressources disponibles. La déforestation ainsi que l’usage excessif des énergies fossiles épuisent rapidement ces ressources. Ces pratiques favorisent également la pollution de l’air et l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

On propose comme solution alternative l’économie circulaire qui a pour principe une production de biens et de services, basée sur une restriction maximum de la consommation des matières premières et des sources d’énergies non renouvelables. Elle repose sur la gestion et le recyclage du déchet. L’extraction et la transformation des ressources naturelles, mais aussi l’incinération des déchets émettent du CO2.

Une norme ISO 20121 a été créée afin de pourvoir un cadre qui permette d’identifier, de réduire ou d’éliminer les impacts négatifs des évènements (conférences, compétitions sportives, festivals, concerts…) sur le plan économique, social et environnemental. Il s’agit donc d’une amélioration de l’organisation et de la planification de l’évènement en question. L’évènement soumis à cette norme s’inscrit donc dans la logique du développement durable.

Outre les mesures gouvernementales pour l’engagement dans l’énergie renouvelable, les résolutions écologiques adoptées sont applicables dans la vie quotidienne. Plusieurs équipements écologiques sont disponibles afin de fournir l’énergie nécessaire pour chaque ménage : les panneaux solaires, les pompes à eau solaire, un nouveau pas vers l'agriculture durable, les matériaux de construction écolo et recyclable, le chauffage au bois ou solaire, les ampoules basse consommation…

3-Recyclage et déchets

La COP21 est aussi un évènement pour rappeler et sensibiliser les citoyens sur les bons gestes à adopter pour réduire l’émission des gaz à effet de serre. Le recyclage des déchets est considéré comme l’un des gestes responsables que tous devrait appliquer pour sauvegarder la planète.

Ce geste écologique commence en choisissant des produits fabriqués à partir de matières recyclables. Il se poursuit par le triage au cas où certains déchets ne sont pas recyclables et aussi car la dégradation naturelle varie suivant la nature du déchet. Une dégradation naturelle allant des matières biodégradable, comme le papier et les pelures des fruits et légumes, jusqu’aux plus résistants, comme le verre qui ne disparait qu’au bout de 4 à 5000 ans.

IV-Zoom sur la pollution et les gaz à effet de serre

Pour atteindre l’objectif de la COP21 et réussir à limiter la hausse de la température de la planète à 2 degré Celsius, il est faut réduire l’émission des gaz à effet de serre. Il est à noter que « pollution de l’air » et « gaz à effet de serre » sont deux notions à ne pas confondre.

On parle de pollution de l’air quand il y a présence de nuages de polluants qui contiennent de nombreuses particules fines, pour la plupart toxique et nuisible pour la santé : irritation des voies respiratoires, maladies pulmonaires et cardiaques, cancers…cette pollution est plus concentrée dans les grandes villes et agglomérations du monde. La moyenne annuelle recommandée par l’OMS est de 20 mcg/ m3, alors qu’en France, le seuil de la pollution atmosphérique est 80 mcg par mètre cube. A Pékin, on a mesuré 121 mcg/ m3 en 2009.

L’impact direct des gaz à effet de serre sur la santé est très faible. Ces gaz empêchent l’absorption des rayonnements infrarouge par l’atmosphère et renvoie cet énergie dans l’espace. L’énergie est changée en chaleur en entrainant le réchauffement du climat et de la surface terrestre.

Au cours du protocole de Kyoto, le centre interprofessionnel technique d’étude de la pollution atmosphérique a désigné comme gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone ou le CO2, le méthane, le protoxyde d’azote, l’hexafluorure de soufre, les perfluorocarbures et les hydrofluorocarbures ou HFC). Le transport, l’agriculture, et la production d’énergie sont les secteurs d’activité qui génèrent le plus de gaz à effet de serre. Pour y remédier, de nombreuses alternatives sont en étudiées, dont la biomasse, une énergie propre et illimitée.

V- Quelques promesses de la COP21

On compte 40 000 participants venus de chaque pays du globe pour la COP 21.

La France s’engage à verser d’ici 2018, la somme de 1 milliard de dollars pour la contribution pour le Fonds pour l’environnement mondial et pour les technologies propres. Elle se démarque également grâce à sa participation active dans les travaux et conseils de fond vert pour le climat.

Paris, la ville hôte de la 21e conférence des parties a pris des engagements dont l’aboutissement est prévu pour 2020 : la mise en place d’un plan Paris zéro diesel, la réduction de 15 % des déchets, la réduction de 25 % de la consommation énergétique et de l’émission des gaz à effet de serre, la construction de 27 000 logements sociaux à basse consommation, l’utilisation de l’électricité verte dans les bâtiments municipaux…

Afin d’aider les pays en voie de développement à faire face aux effets du dérèglement climatique, 100 milliards de dollars par an est la somme mobilisée par les pays développés d’ici 2020.

L’Union Européenne a fixé ses objectifs climatiques d’ici 2030. Pour chaque pays signataire de la COP 21, des révisions périodiques des objectifs sont prévus tous les 5 ans.

Et en phase avec leurs positions plus impliquées dans la protection environnementale et climatique depuis quelques années, la Chine et les USA dévoilent aussi des objectifs encourageants durant la COP 21. Les engagements des principaux leaders-pollueurs de la planète, peuvent grandement influencer la position des pays qui restent encore réticents face à des mesures climatiques contraignantes pour leur économie.

  
  

Articles similaires

COMMENTAIRES